Le dépouillement manuel en Georgie confirme Biden gagnant. (Forum)

par Blake, jeudi 19 novembre 2020, 21:23 (il y a 14 jours)

Le secrétaire d'État de la Georgie, le républicain Brad Raffensperger, vient d'annoncer que le processus de vérification a confirmé la victoire de Joe Biden. Le président désigné obtient donc 306 grands électeurs, contre 232 pour le président Donald Trump.

Joe Biden a reçu 12 284 votes de plus que le président Donald Trump en Georgie, qui compte 16 grands électeurs.

La vérification a cependant réduit l'écart entre les deux candidats par un peu moins de 1100 voix, une situation que les autorités – républicaines – ont attribué à des erreurs et non à une décision volontaire.

Selon les résultats finaux, Joe Biden a terminé avec 2 475 141 voix, et Trump avec 2 462 857.

Le premier audit historique de la Georgie à l'échelle de l'État a montré que le nouveau système [...] de vote a compté et rapporté les résultats avec exactitude, a déclaré M. Brad Raffensperger, devenu depuis plusieurs jours le bouc émissaire du président Trump et de ses alliés.

La vérification a confirmé le résultat initial de l'élection, c'est-à-dire que Joe Biden a remporté le concours présidentiel dans l'État de Géorgie.

Brad Raffensperger, secrétaire d'État de la Georgie
Le dépouillement manuel s'est révélé largement conforme au vote électronique, mais le processus a permis de découvrir qu'environ 5900 bulletins de vote n'avaient pas été comptés, selon The Atlanta Journal-Constitution.

Quelque 3300 bulletins dans trois comtés étaient emmagasinés dans des cartes mémoire qui n'avaient pas été chargées dans les ordinateurs électoraux, et quelque 2600 autres, dans le comté de Floyd, n'avaient pas été lus par un lecteur électronique. Le comté a d'ailleurs congédié son directeur électoral.

Plus tôt dans la journée, l'équipe de réélection de Donald Trump a échoué en cour à empêcher la certification des résultats, prévue vendredi.

Le développement ne met pas nécessairement pour autant un terme à la saga, puisque la campagne Trump peut toujours réclamer un nouveau dépouillement, qui serait distinct du processus de vérification manuel qu'avait ordonné la Georgie, invoquant les résultats serrés.

La loi électorale de cet État permet aux campagnes des candidats de le demander après la certification des résultats si l'écart est inférieur à 0,5 point de pourcentage. La procédure consisterait alors à passer de nouveau les bulletins de vote au lecteur numérique.

La Georgie n'avait pas voté pour un candidat démocrate à la présidence depuis Bill Clinton, en 1992. En 2016, Donald Trump avait remporté l'État par 5 points de pourcentage.

Selon les résultats comptabilisés par le site d'analyse Cook Political Report, Joe Biden a recueilli près de 79,7 millions de votes, soit environ 6 millions de plus que le président. Le président désigné obtient ainsi 51 % du vote populaire, contre 47,2 % pour l'adversaire qu'il a battu.

Le camp Trump cherche toujours à renverser le résultat de l'élection

Même si elle encaisse revers après revers devant les tribunaux, la campagne Trump continue de clamer sa victoire, en dépit de l'élection du démocrate Joe Biden, et cherche des moyens pour « renverser l'élection ».

Les médias américains Washington Post, New York Times et CNN ont rapporté que le président a invité des élus républicains siégeant à l'Assemblée législative du Michigan à le rencontrer à Washington vendredi.

Plusieurs alliés du président ont déjà exprimé leur désir de voir les assemblées législatives des États clés où les républicains sont majoritaires, par exemple au Michigan, nommer leurs propres grands électeurs pro-Trump au lieu de ceux désignés par le vote populaire.

Dans cet État, Joe Biden a recueilli quelque 157 000 voix de plus que son adversaire.

Le président désigné a remporté le Michigan, mais aussi les États clés du Nevada, de l'Arizona, de la Pennsylvanie, du Wisconsin et de la Georgie, six États qui totalisent 79 grands électeurs.

Joe Biden a dénoncé l'irresponsabilité incroyable du président, qui refuse de reconnaître les résultats de l'élection et bloque le processus de transition, alors que la pandémie continue de tuer des milliers d'Américains.

Cela envoie au reste du monde des messages incroyablement dommageables sur le fonctionnement de la démocratie, a-t-il affirmé au cours d'une conférence de presse tenue à l'issue d'une rencontre virtuelle avec plusieurs gouverneurs des deux partis.

Ce que fait maintenant le président est un incident de plus montrant que l'histoire se souviendra de lui comme l'un des présidents les plus irresponsables de l'histoire des États-Unis.

Joe Biden
Il n'a pas exclu d'intenter une poursuite pour obtenir la reconnaissance formelle de l'Administration des services généraux (GSA), l'agence fédérale censée signer la documentation nécessaire pour amorcer le processus de transition. Une telle reconnaissance, habituellement une formalité, lui conférerait les ressources financières et logistiques pour mener à bien le travail de la transition.

Il a cependant pris soin de préciser qu'il ne pensait pas que ce serait la ligne de conduite la plus efficace.

Beaucoup d'allégations, pas de preuves
Au cours d'une conférence de presse, à Washington, les avocats du président américain, dont Rudy Giuliani, ont par ailleurs de nouveau crié à la fraude électorale, exposant des théories fantaisistes selon lesquelles Donald Trump, qui a perdu l'élection, avait en fait signé une victoire écrasante.

Pendant plus d'une heure et demie, ils ont multiplié les allégations conspirationnistes, brandissant, sans preuves, un vaste stratagème impliquant Joe Biden, les démocrates, les villes démocrates corrompues, Cuba, le Venezuela – évoquant même le dictateur décédé Hugo Chavez –, et probablement la Chine, les antifas, le financier milliardaire américain de religion juive George Soros, la Fondation Clinton et l'entreprise Dominion Voting Systems, dont le logiciel de vote électronique a été utilisé dans certains États.

Transpirant à grosses gouttes, au point où sa teinture temporaire a coulé sur son visage, Rudy Giuliani, ancien maire de New York et ancien procureur fédéral de la métropole, a affirmé que l'équipe juridique de la campagne Trump avait suffisamment de preuves de l'existence de votes illégaux pour renverser l'élection dans les six États dont elle conteste les résultats.

Il y a quelques jours, Donald Trump l'a présenté comme le fer de lance des efforts judiciaires de sa campagne, après le désistement de plusieurs de ses avocats.

Le haut responsable de la sécurité électorale qu'a congédié le président plus tôt cette semaine, Chris Krebs, s'est tourné vers Twitter pour dénoncer les conspirations mises de l'avant par les avocats de Donald Trump.

Cette conférence de presse a constitué l'heure et trois quarts de télévision la plus dangereuse de l'histoire américaine. Et peut-être la plus folle.

Chris Krebs, ex-directeur de la CISA
M. Krebs, lorsqu'il était encore directeur de l'Agence de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures du département de la Sécurité intérieure (CISA), avait contredit les allégations non fondées de fraudes électorales.

Il y a quelques jours, M. Krebs, joueur clé de l'appareil fédéral pour la sécurité électorale, avait signé, avec les responsables de plusieurs autorités électorales nationales et locales, un communiqué commun assurant de l'intégrité et de la sécurité de l'élection, présentée comme la plus sûre de l'histoire, avant d'être congédié par le président pour cette raison.

https://www.msn.com/fr-ca/actualites/monde/le-d%c3%a9pouillement-manuel-en-georgie-conf...

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