États-Unis: les médecins exaspérés par le déni et la désinfo (Forum)

par Blake, mardi 05 octobre 2021, 19:19 (il y a 17 jours)

États-Unis: les médecins exaspérés par le déni et la désinformation

L’état de santé du patient infecté par la COVID-19 se détériorait rapidement dans un hôpital du Michigan, mais il ne voulait rien savoir du diagnostic des médecins.

En dépit d’un taux d’oxygène sanguin dangereusement faible, l’homme non vacciné refusait de croire qu’il était malade. Il s’est emporté et a menacé de s’en aller quand les règles de l’hôpital ont empêché sa femme de venir à son chevet.

Le docteur Matthew Trunsky ne s’est pas gêné dans sa réponse: «Allez-vous-en si vous voulez, mais vous allez mourir avant d’arriver à votre voiture.»

De tels échanges sont presque devenus monnaie courante pour les travailleurs de la santé, qui n’en peuvent plus du déni et de la désinformation dans lesquels ils s’empêtrent quand vient le temps de traiter les patients non vaccinés alors que déferle la quatrième vague alimentée par le variant Delta.

L’Associated Press a demandé à des médecins de partout aux États-Unis de décrire la désinformation et le déni auxquels ils sont confrontés quotidiennement, et comment ils y répondent.

Ils ont témoigné de leur exaspération face au nombre de patients qui leur demandent de leur prescrire de l’ivermectine, un antiparasitaire vétérinaire, et qui s’emportent quand on leur répond que ce n’est pas sécuritaire contre la COVID-19. Des patients d’un médecin de famille de l’Illinois lui ont dit que le vaccin contient une micropuce dans le cadre d’un complot qui permet de prendre le contrôle de l’ADN de la population. Un médecin de la Louisiane présente à ses patients qui s’inquiètent de la composition des vaccins les ingrédients des Twinkies, pour leur montrer que même les objets les plus familiers contiennent des ingrédients auxquels on ne comprend rien.

Voici leurs histoires.

«Arrêtez d’aller voir sur Facebook»

Quand les patients du docteur Vincent Shaw lui disent qu’ils ne veulent pas du vaccin parce qu’ils ne savent pas ce qu’on va mettre dans leur corps, il sort la liste des ingrédients des Twinkies.

«Lisez ça, leur dit le médecin de famille de Baton Rouge, en Louisiane. Dites-moi que vous êtes capables de prononcer tout ça. Parce que même si j’ai un diplôme en chimie, je ne sais pas ce que c’est.»

Il entend aussi souvent ses patients lui répondre qu’ils n’ont pas assez fait de recherches au sujet des vaccins. Soyez sans crainte, leur répond-il, ceux qui ont développé les vaccins ont fait leurs devoirs.

Et puis il y a les explications les plus originales: «Ils mettent un traqueur dedans et ça me rend magnétique.»

Une autre explication l’a laissé sans mots: «Le patient ne pouvait pas comprendre pourquoi (le vaccin) était gratuit, parce que les humains ne sont pas gentils et que personne ne voudrait rien donner. Alors, la bonté humaine n’existe pas. Je n’ai pas su quoi lui répondre.»

Les gens qui n’ont que peu de symptômes assurent avoir une immunité naturelle. «Non, vous n’êtes pas Superman ou Superwoman», leur répond-il.

Les réseaux sociaux comptent parmi les pires problèmes, dit-il, citant comme preuve le nombre de patients qui refusent d’être vaccinés après avoir lu quelque chose sur Facebook. Plusieurs Américains semblent donc être diplômés de la faculté de médecine de l’Université de Facebook.

«Je suis comme, “Non, non, non, non, non”. Je secoue la tête. “Non, non, ce n’est pas ça, non, non. Stop, stop, arrêtez d’aller voir sur Facebook”.»

Mystifié d’avoir perdu toute crédibilité aux yeux des patients opposés à la vaccination

Les patients du docteur Stu Coffman lui disent redouter les effets secondaires de la vaccination. Ils ne font pas confiance au processus réglementaire et soulèvent des inquiétudes non fondées que le vaccin nuise à leur fertilité. La chose la plus inattendue qu’il ait entendue d’un patient est qu’il y a «du poison dans le vaccin ARNm» — une rumeur sans fondement qui a pris naissance en ligne.

Il est mystifié par cette résistance.

«Si tu t’es fait tirer dessus ou que tu as été poignardé ou que tu fais une crise cardiaque, tu veux me voir à l’urgence, a-t-il dit. Mais dès qu’on commence à parler de vaccination, je n’ai plus la moindre crédibilité.»

La clé pour surmonter cette résistance, croit-il, est d’identifier sa source. Si les patients expriment des craintes pour leur fertilité, il peut leur montrer des recherches spécifiques qui prouvent que le vaccin est sécuritaire et que leurs peurs ne sont pas fondées.

Mais on ne peut pas espérer faire changer d’idée ceux qui pensent que le vaccin est empoisonné, admet-il. «Je ne serai probablement pas en mesure de vous montrer quelque chose qui va vous convaincre.»

Il pense toutefois qu’il pourrait convaincre certains récalcitrants s’ils pouvaient le suivre pendant qu’il visite les malades et les mourants, qui sont presque tous non vaccinés.

Le vaccin a tué des millions de personnes

Certains patients du docteur Ryan Stanton croient que le vaccin contient des cellules foetales. D’autres affirment que «c’est bien connu que le vaccin a tué des millions de personnes».

«En fait, dit-il, rien ne pourrait être plus faux.»

Il trouve la situation très difficile, surtout après avoir survécu aux premières vagues. Lors d’un quart de travail très pénible l’automne dernier, il a accueilli une résidente très âgée d’un centre pour aînés. La dame était à l’article de la mort et n’avait pas vu ses proches depuis plusieurs mois. Le personnel l’a donc sortie à l’extérieur pour que sa famille puisse lui dire adieu à plusieurs mètres de distance. Il a pris la scène en photo pour ne jamais oublier.

Les vaccins ont été source d’espoir, puis le variant Delta est arrivé.

«Je suis vraiment époustouflé par le nombre de gens qui ont cette peur énorme, cette théorie du complot au sujet des vaccins, et qui sont vraiment prêts à tout essayer, même un médicament vétérinaire, pour aller mieux», a dit le docteur Stanton.

Un message sur Facebook pour se défouler

Exaspéré par cette résistance au vaccin, le docteur Trunsky s’est tourné vers Facebook pour décrire la colère qu’il rencontre chaque jour dans son hôpital de Troy, au Michigan. Il a énuméré huit échanges qu’il avait eus en deux jours avec des patients qui citaient de la désinformation pour ne pas avoir été vaccinés ou qui réclamaient des traitements non prouvés.

Le cinquième était celui d’un patient qui lui a dit qu’il préférerait mourir que recevoir le vaccin. La réponse du docteur Trunsky : «Ça pourrait bien vous arriver.»

Des patients prétendent que le vaccin est encore expérimental, ce qui est entièrement faux. D’autres lui disent que la vaccination est un choix personnel et que le gouvernement ne devrait pas s’en mêler. D’autres encore expliquent être déjà tellement malades qu’ils ne veulent pas s’exposer aux effets secondaires.

Une jeune femme qui allaitait refusait d’être vaccinée, même si son pédiatre et son gynécologue l’assuraient que c’était sécuritaire. Elle éventuellement été hospitalisée et vaccinée.

D’autres patients ne se gênent pas pour menacer le personnel soignant de poursuites en justice s’ils n’obtiennent pas le traitement qu’ils réclament, comme l’ivermectine.

Il calcule avoir soigné une centaine de patients qui sont morts depuis le début de la pandémie, y compris l’homme qui avait menacé de s’en aller de l’hôpital.

La désinformation provient de la Bible et de Nicki Minaj

Le docteur Carl Lambert entend des tonnes d’histoires de ses patients. Certains proviennent de l’Ancien Testament, d’autres de la rappeuse Nicky Minaj.

Une partie provient des théories du complot qui circulent en ligne, comme celle qui prétend que le vaccin contient une micropuce qui prendra le contrôle de l’ADN.

«C’est scientifiquement impossible», a dit le médecin, à qui d’autres patients ont répondu que le vaccin va affaiblir leur système immunitaire. Sa réponse: «Immunologie 101. Les vaccins aident votre système immunitaire.»

Il a récemment reçu de multiples messages de la part de patients qui s’inquiétaient de dommages à leurs testicules - une rumeur qu’il a éventuellement retracée à un gazouillis incorrect de Minaj, selon lequel le vaccin rend stérile.

«Et j’étais comme, “c’est absurde. C’est un peu exagéré”. Donc, beaucoup d’éducation que je ne pensais pas devoir faire.»

D’autres patients croient que le vaccin fait d’eux de mauvais chrétiens, souvent après avoir entendu des sermons qui vont en ce sens.

Fréquemment, les patients veulent attendre un peu parce qu’ils sont inquiets de la rapidité avec laquelle le vaccin a été développé. Mais il les prévient: «N’essayez pas d’attendre que la pandémie soit finie. La pandémie va toujours gagner.»

Son travail, dit-il, consiste beaucoup à «démanteler ce que les gens ont entendu», à répondre à leurs questions et à les rassurer que les «vaccins fonctionnent exactement comme quand nous étions des enfants».

Il a réussi à en convertir quelques-uns. «J’ai des patients qui, il y a peut-être quatre mois, me disaient, “vous perdez votre temps, docteur Lambert. Je ne veux pas en entendre parler”. Et là ils reviennent et me disent, ‘bon, vous savez quoi? J’écoute les nouvelles, j’ai entendu des choses, je pense que je suis prêt maintenant’.»

La peur des effets secondaire du vaccin, puis la peur de mourir

Quand la docteure Elizabeth Middleton demande à ses patients pourquoi ils ne sont pas vaccinés contre la COVID-19, plusieurs disent craindre les effets secondaires. Puis, quand ils deviennent de plus en plus malades, une autre peur s’installe.

«Ils réalisent soudainement, “Oh mon Dieu, c’est en train de m’arriver. Je devrais être vacciné”», a dit la pneumologue de l’Université de l’Utah.

On lui dit souvent que le vaccin a été développé trop rapidement. «Qui êtes-vous pour juger de la rapidité de la science?» se demande-t-elle.

Elle trouve aussi frustrante cette idée qu’ont certains patients que la vaccination camoufle un «agenda caché».

«“Il y a quelque chose qui cloche si tout le monde nous force à faire ça et que tout le monde veut qu’on le fasse”, lui disent ses patients. Et je leur réponds, “On insiste parce que c’est une urgence. C’est une pandémie. C’est une crise nationale et internationale. C’est pour ça qu’on insiste”.»

Il peut être délicat de convaincre les récalcitrants et leurs familles sans abîmer le lien de confiance avec le médecin. Mais souvent, les gens qui ont besoin d’un respirateur n’ont plus besoin d’être convaincus.

«Ils disent, “Dites à tout le monde de se faire vacciner. Je veux appeler ma famille. Il faut qu’ils se fassent vacciner.”»

https://www.lesoleil.com/actualite/monde/etats-unis-les-medecins-exasperes-par-le-deni-...

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États-Unis: les médecins exaspérés par le déni et la désinfo

par Dédé ⌂ @, mardi 05 octobre 2021, 19:35 (il y a 17 jours) @ Blake

Imagines, même les médecins ne peuvent leur faire changer d'avis, comment pouvons-nous les convaincre à notre tour ?

C'est fou, il n'y a rien a faire, qu'ils assument la sélection naturelle qu'ils disent !

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États-Unis: les médecins exaspérés par le déni et la désinfo

par Blake, mardi 05 octobre 2021, 19:45 (il y a 17 jours) @ Dédé

Imagines, même les médecins ne peuvent leur faire changer d'avis, comment pouvons-nous les convaincre à notre tour ?

C'est fou, il n'y a rien a faire, qu'ils assument la sélection naturelle qu'ils disent !

Qu'ils assument comme tu dis, c'est tout.

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