Pourquoi sommes-nous accros au sport professionnel? (Forum)

par Jéromec, lundi 19 décembre 2022, 17:57 (il y a 800 jours) @ Jéromec


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Pourquoi sommes-nous accros au sport professionnel?

Pourquoi sommes-nous accros au sport professionnel?


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Pourquoi sommes-nous accros au sport professionnel?
PHOTO AFP

JOSEPH FACAL
Lundi, 19 décembre 2022 12:01
MISE À JOUR Lundi, 19 décembre 2022 12:01
Vous avez peut-être vu cette extraordinaire finale de la Coupe du monde de soccer, peut-être la plus belle de toutes.

Chez nous, c’était à fond pour l’Argentine, pour Messi et pour d’autres raisons trop longues à expliquer.


Pourquoi?

Ma passion et celle de mes amis ne s’expliquent pas par un manque de lucidité.

Aliénation? Du pain et des jeux? C’est plus complexe.


Nous voyons les scandales, la corruption, les salaires délirants, le dopage, les commotions cérébrales, le marketing cynique, l’effet anesthésiant sur des questionnements sociaux vitaux, etc.

Mais nous y revenons sans cesse. Pourquoi?

Mettons que «mon» équipe gagne. Ce sont les joueurs qui gagnent vraiment. Pas moi. Et pourtant...

Je regarde un affrontement entre deux équipes qui me laissent indifférent et j’adorerai si le match est de qualité. Pourquoi?

Quelle est cette drogue à laquelle des milliards d’humains sont accros, peu importe le pays, la religion, la classe sociale ou l’idéologie?

Le sport, quand il est pratiqué par les plus grands, offre des instants d’une beauté esthétique stupéfiante : un drible de Messi, un revers de Federer, un élan de Pujols, un attrapé d’une main d’Odell Beckham.

Pendant cet instant, la pose reproduit les plus grandes sculptures.

La brièveté du moment le rend précieux et fragile.

Fugace et futile, direz-vous. Mais pourquoi tout devrait être important et permanent?

Chaque match est aussi unique, comme une représentation au théâtre, à la différence d’une chanson enregistrée, toujours identique d’une fois à l’autre.

Dans un stade, vous assistez à quelque chose qui ne reviendra pas. L’enregistrement m’enlève du plaisir.

Le sport, du point de vue du spectateur, c’est aussi le drame, mais sans danger. Ce n’est pas nous qui nous faisons plaquer. On a le «thrill» sans le risque.

Le sport professionnel est aussi un voyage nostalgique. On retourne dans la cour d’école, quand on rêvait qu’un jour, on jouerait pour le Canadien ou le Real Madrid.


Le temps d’un match, on oublie le bureau, les problèmes familiaux, financiers, ou que sais-je.

Le partisan, lui, se trouve à faire partie d’une communauté, d’une gang, d’une sorte de famille.

Il n’est pas seul. L’humain normal ne peut vivre seul. C’est un animal social.

Passion

La victoire de «son» équipe donne aussi un bref moment de fierté à un travailleur souvent exploité ou méprisé.

Le sport professionnel crée, chez le partisan modeste, une illusion d’égalité : riches ou pauvres, jeunes ou vieux, ils ont en commun leur dévotion.

Voilà pourquoi les chaînes payantes ou les billets ultra-dispendieux, en chassant les pauvres, mettent en danger la poule aux œufs d’or.

Dans un monde où l’on se cherche des repères, votre équipe devient un point stable : elle était là avant vous et sera possiblement là après vous.

Voilà sans doute pourquoi les déménagements de franchises sont souvent vécus comme des deuils.

On fera donc la fine bouche tant qu’on voudra, la passion est là pour rester.


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