Bernard Drainville est le capitaine du Titanic de l’éducatio (Forum)

par Jéromec, mardi 22 août 2023, 12:00 (il y a 555 jours)

Les hommages pleuvent envers DrainVide, source d'inspiration incommensurable pour le milieu de l'éducation, d'une rigueur intellectuelle exemplaire, qui sait mettre en valeur la profession d'enseignants, doué d'un charisme exceptionnel et qui utilise les réseaux sociaux avec une précision chirurgicale. un ministre chevronné...
:bravo:
https://www.journaldemontreal.com/2023/08/22/bernard-drainville-est-le-capitaine-du-tit...
Bernard Drainville est le capitaine du Titanic de l’éducation

YASMINE ABDELFADEL
Mardi, 22 août 2023 11:30

MISE À JOUR Mardi, 22 août 2023 11:30

Un adulte dans la classe.

C’est pas mal le seul critère qu’on a pour faire face à la pénurie aiguë d’enseignants dans nos écoles. Tu as 18 ans! Félicitations, tu remplis tous les critères pour former la prochaine génération. On dirait qu’on se réveille toujours à minuit moins une pour découvrir que... oups... on va manquer d’enseignants à la rentrée. On patch, on tente d’embaucher, de réaménager et on se croise les doigts pour que cela tienne.


L’an passé, ma fille, qui était en maternelle et donc à sa première année de scolarité, a eu trois enseignants. Comment voulez-vous qu’un enfant qui commence son éducation puisse aimer l’école lorsque les personnes avec qui il noue des relations de confiance changent continuellement.


Évidemment, je n’en veux pas aux enseignants qui, pour toute sorte de bonnes raisons, doivent quitter, parfois de manière temporaire, parfois de manière permanente. Ces professionnels dévoués peuvent aussi tomber malades, avoir une grossesse ou une opportunité professionnelle qui les amène à faire des changements dans leur vie.

Ce n’est pas à eux de régler le problème de la main-d’œuvre. C’est au gouvernement. Et malheureusement, il est aux abonnés absents.

Comment se fait-il qu’on ne nous parle pas des 5000 enseignants qui vont manquer à la rentrée dès le mois de mars. Ils ont les chiffres: le nombre de nouveaux enseignants diplômés des universités est moindre que le nombre d’enseignants qui prendront leur retraite à la prochaine rentrée. Le bilan est négatif et les sirènes devraient déjà allumer.

Mais non, on compte sur l’été et les vacances pour que les choses s’arrangent par elles-mêmes. Les centres de services scolaires ferment leurs portes des semaines durant. Ils régleront les problèmes au retour. On verra... qu’ils disent!

Le paquebot de l’éducation est fissuré de partout et fonce droit vers l’iceberg. Les riches ont déjà quitté le navire pour le réseau privé. Il n’y a pas assez de bouées de sauvetage pour les autres. Le capitaine est débordé et n’a aucune idée du cap à prendre, il s’enferme dans la salle des machines pour attendre que ça passe. Que la rentrée soit derrière lui. L’éducation au Québec, vous l’aurez bien compris, c’est le Titanic. ''

https://www.journaldequebec.com/2023/08/23/bernard-drainville-un-autre-ministre-de-line...

Mardi, 22 août 2023 11:30

MISE À JOUR Mardi, 22 août 2023 11:30

La pénurie de personnel enseignant fait jaser, surtout qu’elle s’ajoute à un nombre record de professeurs non légalement qualifiés dans le réseau scolaire.

On reconnaît que le ministre Drainville n’en est pas le responsable, car on a laissé le problème s’aggraver depuis plusieurs années. Son projet de réforme qui s’empile sur celle de son prédécesseur ne nous assure pas d’une résorption de la pénurie.


Préférant jouer dans les structures, le ministre refuse de s’attaquer aux problèmes d’une école à trois vitesses qui génère sa large part de désintéressement des jeunes pour la profession enseignante et la désertion de plusieurs enseignants.


La dévalorisation

Le ministre est rendu à se satisfaire d’un adulte sorti de nulle part pour le mettre devant les élèves. Guère reluisant pour la profession!

Enseigner dans une classe régulière avec tout l’écrémage pour les projets particuliers qui s’est fait en amont et le manque de soutien professionnel évident décourage les meilleures volontés.

Comme si ce n’était pas suffisant pour stimuler l’abandon professionnel, on soumet souvent le personnel enseignant au mépris public et aux doléances de tout un chacun comme si tous étaient des experts en éducation en faisant abstraction de l’expertise des enseignants.

Pour achever la répulsion professionnelle, on monte en épingle le débordement d’un prof en oubliant les bons coups de la majorité.

Le déni tue

Le déni face à la maladie tue, j’en sais quelque chose. Le déni du ministre relativement à notre système d’éducation à trois vitesses tue la profession enseignante et laisse pour compte des milliers d’enfants.

Le ministre veut faire croire qu’il est en quête d’efficacité. Il agit plutôt comme un docteur qui soigne une grippe en laissant grossir la tumeur qui tuera le patient s’il ne l’opère pas.

En ne s’attaquant pas à la source du problème, il s’ajoutera à la liste des ministres de l’inefficacité!
:bravo:
https://www.ledevoir.com/opinion/idees/796615/education-bernard-drainville-et-la-loi-de...

Bernard Drainville et la loi de l’inertie
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Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville
Graham Hughes La Presse canadienne Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville
Réjean Bergeron
L’auteur est philosophe et auteur de Je veux être un esclave ! (2016), L’école amnésique. Ou les enfants de Rousseau (2018) et de Homère, la vie et rien d’autre ! (2022).

22 août 2023
IDÉES
Idées
Que nous dit en gros la première loi du mouvement de Newton ? Qu’un objet au repos restera au repos et qu’un objet en mouvement conservera une vitesse constante tant et aussi longtemps qu’une force extérieure ne viendra pas modifier l’état du premier ou du second objet.

Il est malheureux de constater que notre ministre de l’Éducation, depuis qu’il est en poste, est trop souvent le jouet du premier volet de cette loi de l’inertie. Malgré les demandes, suggestions ou doléances qui viennent des acteurs du réseau, rien ne l’atteint, il reste sur place, ne bouge pas et regarde les planètes tourner autour de lui comme s’il était le centre du monde.

Par exemple, devant un système d’éducation qui est en train de se liquéfier sous nos yeux, nous sommes plusieurs à demander depuis des années qu’une nouvelle commission d’enquête sur l’éducation soit mise sur pied. Normand Baillargeon propose d’ailleurs de l’appeler la commission Guy-Rocher en hommage à ce grand bâtisseur du Québec moderne. Mais rien n’y fait, le ministre ne bouge pas d’un iota sur cet enjeu.


Pas plus tard que la semaine dernière, des enseignants proposaient d’établir une liste de lecture d’oeuvres littéraires afin de faire découvrir aux élèves un ensemble de classiques tout en leur donnant une base culturelle commune. Aucune ouverture de la part du ministre, pas même pour en discuter.


La tyrannie du téléphone intelligent

Mais le dossier sur lequel je veux insister ici concerne l’interdiction du téléphone portable en classe. Voyez : 92 % des 7000 enseignants sondés par la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) souhaitent que ce capteur d’attention, que cette machine à distraire que représente cet outil numérique soit interdit dans les salles de cours, et même à l’école. Ces milliers d’enseignants savent de quoi ils parlent, puisque ce sont eux et elles qui ont à composer avec tous les ravages que causent ces téléphones intelligents chez les jeunes et les moins jeunes.

D’ailleurs, parallèlement à ce sondage, l’UNESCO admettait finalement dans un tout récent rapport que ces téléphones n’avaient pas leur place dans les salles de cours. Et c’est sans parler de toutes ces études, ces recherches, ces livres qui ont été publiés au cours des dix dernières années au sujet des effets néfastes que ces technologies numériques et le monde des écrans en général peuvent avoir sur le développement cognitif, social, psychologique et physique des enfants !

Mais rien n’y fait. Le ministre reste sur son X dans une position toute statique, n’est pas touché par cette demande d’aide, ces SOS lancés par les acteurs du réseau de l’éducation. Il répète depuis quelques mois qu’il évalue toutes les options sur ce sujet, comme si lui, le gouvernement et le ministère de l’Éducation n’avaient pas eu le temps de le faire au cours des dernières années. Par ailleurs, rejointe par Le Devoir, voici ce qu’aurait répondu la conseillère en communication du cabinet du ministre à ce sujet : « Les conseils d’établissement des écoles ont déjà en main tous les pouvoirs pour interdire le cellulaire en classe. Certains le font déjà par le truchement du code de vie de l’école. » Belle façon, encore une fois, de ne pas intervenir et de se délester de ses responsabilités.

Parrainée par le Parti québécois, une pétition pour l’interdiction de l’utilisation de dispositifs électroniques personnels dans les écoles a été mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale. Cette pétition vise autant les téléphones intelligents que les tablettes et les jeux portatifs. Question, maintenant de plusieurs millions de dollars : combien de signatures seront nécessaires pour faire bouger le ministre de son centre de gravité, pour le sortir de sa torpeur ou de son état d’inertie ?

En fait, le ministre Drainville ne comprend pas — ou fait semblant de ne pas comprendre — que les acteurs du réseau de l’éducation comptent sur son leadership et une décision claire et précise de sa part pour régler ce problème une fois pour toutes. Qu’il décrète que le téléphone intelligent est interdit à l’école, point final. À partir de ce moment, enseignants et directions d’école pourront s’appuyer sur cette décision, trouveront l’autorité nécessaire pour faire entendre raison aux élèves, mais aussi à tous ces parents qui, dans une volonté malsaine de surprotéger leurs enfants, exigent de pouvoir rester en contact avec eux, même lorsqu’ils sont confortablement assis dans une salle de cours.

Le monde est unanime en ce qui a trait à la nouvelle année scolaire qui va débuter dans quelques jours : face à un manque de personnel enseignant et de soutien que le ministère de l’Éducation n’a pas su prévoir au cours des dernières années — chose qui est en soi difficile à concevoir dans un État moderne —, c’est tout le système qui sera plongé dans le chaos. Alors, de grâce, Monsieur le Ministre, faites rapidement le nécessaire pour que le personnel enseignant et les directions d’école n’aient pas en plus à subir encore et encore la tyrannie du téléphone intelligent !

Cette petite décision qu’on vous demande de prendre, ce petit geste qu’on vous supplie de poser ne vous coûtera rien — ce qui est rare aujourd’hui ! —, mais viendra assainir l’atmosphère de travail des enseignants, améliorer les conditions d’apprentissage des élèves tout en ouvrant la porte à une socialisation saine qui est grandement mise à l’épreuve par ces machines numériques dévoreuses d’humanité.


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