La crise du logement, la CAQ s'en sacre ! (Forum)
Josée Legault
Jeudi, 2 juillet 2026 15:30
MISE À JOUR Jeudi, 2 juillet 2026 15:30
Lorsque la première ministre Christine Fréchette parle de la crise du logement – et avant elle, François Legault –, une déconnexion navrante du réel saute malheureusement aux yeux.
La crise a beau s’envenimer depuis des années au point même de jeter des milliers de Québécois à la rue, leur credo affairiste reste inchangé.
Dans leur religion de « l’offre et de la demande », construire toujours plus de logements ferait baisser les prix des loyers comme par magie. Or, il se passe tout le contraire.
Sauf pour des logements hors marché nettement trop rares, on construit beaucoup d’appartements inabordables pour qui n’a pas la chance d’avoir le salaire d’un ministre ou d’un député.
Quant au parc locatif existant, les hausses de loyers fracassent tous les records, dont une augmentation de 70 % à Montréal en cinq ans seulement.
La multiplication des évictions depuis des années permet aussi aux acheteurs spéculateurs de jeter les locataires dehors pour relouer ou revendre beaucoup plus cher.
Des évictions brutales
Mardi, je vous racontais ma propre histoire d’une éviction brutale, vécue il y a quelques années comme tant d’autres, par la cupidité du locateur déterminé à « vider » son triplex pour revendre chaque étage à haut prix.
Depuis, j’ai reçu plein de messages de gens qui ont subi ou subissent le même traumatisme tout aussi injustifiable dans une société comme la nôtre.
Mercredi, dans La Presse, Stéphanie Bellenger, candidate à la maîtrise en droit, expliquait justement comment l’éviction est même devenue un « modèle d’affaires » au Québec.
« Le logement, écrit-elle, est de plus en plus traité comme un produit financier, et cette logique fragilise directement le droit des locataires au maintien dans les lieux. Ce glissement n’est pas anodin. Il transforme l’éviction en levier économique ».
Tellement, précise-t-elle, que « l’éviction est aujourd’hui souvent intégrée au financement même de l’immeuble ».
Indécence inouïe
Sans compter les 100 000 logements laissés vacants au Québec par leurs propriétaires. Une situation d’une indécence sociale inouïe. Combien sont vides à la suite d’évictions le temps de les relouer ensuite encore plus cher ?
Tant que des décideurs politiques verront eux aussi le logement comme une marchandise, rien ne changera.
Il y a pourtant plein d’options réalistes pour apaiser la crise du logement. Parmi elles, et il y en a aussi d’autres, il faut un vrai contrôle des loyers.
Également, un registre national des baux. L’enchâssement du droit au logement dans la Charte des droits et libertés de la personne. La fin des évictions. Beaucoup plus de financement de logements hors marchés, etc.
Dit autrement, sans une intervention gouvernementale serrée et ciblée, la « main invisible » du marché continuera de faire du logement non pas un besoin essentiel pour une vie digne, mais une machine à imprimer l’argent pour enrichir au maximum des propriétaires spéculateurs.
Le gouvernement le sait-il ou fait-il semblant de ne pas le savoir ? Poser la question, comme on dit...
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Avant de légiférer, le gouvernement devrait faire un recensement de tous les logements locatifs de la province afin de parvenir à une Société du Logement. Il existe bien une société de l'alcool et du cannabis ! 
Avec une telle Société, les crosseurs ne pourront plus de crosser comme pour les bandits de l'alcool et le marché noir des drogues. 
Mais comme l'écrit l'éditorialiste, il faut que ça cesse cette imprimerie de l'argent ! 
En plus, un tel recensement, ça coûterait moins cher qu'un référendum ! 
Dédé
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