Négociation rompue, Carney tourne le dos aux USA ! (Forum)
Mis à jour à 8 h 19
Antoine Trépanier
La Presse
(Ottawa) Le Canada et les États-Unis n’ont pas conclu de nouvel accord commercial et voilà que le décret du président Trump ordonnant une nouvelle salve tarifaire de 50 % sur 28 milliards de dollars de marchandises canadiennes est entré en vigueur. Ottawa ripostera en imposant des droits de douane équivalents, « au dollar près ».
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a annoncé tard vendredi soir qu’il suspendait les négociations commerciales avec les États-Unis et qu’il avait demandé à ses négociateurs de rentrer à Ottawa.
Selon M. Carney, les États-Unis auraient présenté des modifications de dernière minute qui étaient « inéquitables, non rentables » et qui « remettaient en cause la fiabilité de tout accord ».
« Au cours des dernières semaines, nous avons réalisé des progrès importants pour renforcer la position du Canada comme partenaire bénéficiant du meilleur accord au monde avec les États-Unis, a déclaré M. Carney. Toutefois, ces progrès n’ont pas suffi à répondre aux objectifs que nous nous étions fixés pour les Canadiennes et les Canadiens. »
Consultez la déclaration du premier ministre Carney
Le premier ministre Carney, qui n’a pas pris la parole depuis lundi, s’adressera aux Canadiens samedi à 11 h.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a pour sa part dit que le Canada avait refusé de finaliser l’entente « selon les modalités convenues en début de semaine ».
« Malgré l’offre américaine au Canada de bénéficier du meilleur traitement possible accordé à tout grand exportateur vers notre marché, de nouvelles exigences et des revirements de la part du Canada concernant d’autres engagements ont bouleversé le fragile équilibre atteint ces derniers jours », a déclaré l’ambassadeur Greer.
« C’est une occasion ratée pour le Canada de s’associer aux États-Unis », a-t-il dit.
L’entente était pourtant imminente. Les droits de douane sectoriels devaient être abaissés et la hache de guerre commerciale finalement enterrée entre Ottawa et Washington. La situation est toute autre.
La nouvelle surtaxe de 50 % doit toucher des matériaux de bois, le ciment, les meubles, les vins, bières et spiritueux, et les produits de papier et de carton. Le président Trump, mécontent de la réplique canadienne dans la guerre commerciale qu’il a amorcée l’année dernière, avait annoncé en juillet cette « riposte » américaine.
Une levée de coudes
Mais voilà que Mark Carney ne restera pas les bras croisés. En fait, il « lève les coudes ». Le premier ministre a confirmé que le Canada « imposera des droits de douane équivalents, au dollar près, pour protéger nos travailleurs et nos entreprises ». Après plusieurs concessions aux Américains depuis son arrivée au pouvoir l’année dernière, M. Carney durcit le ton.
Le Canada possède ce que le monde recherche. Et nous ne laisserons aucun pays décider de notre avenir.
Mark Carney, premier ministre du Canada
Ottawa annoncera des mesures supplémentaires pour soutenir les travailleurs et les entreprises du Canada, en plus des près de 25 milliards de dollars d’aide accordés au cours des 18 derniers mois. On ignore encore si Donald Trump répliquera à cette riposte canadienne.
Ces nouveaux droits de douane semblaient pourtant être destinés aux oubliettes dans les derniers jours lorsque les deux parties ont laissé entendre que des progrès avaient été faits. Les deux pays se félicitaient même d’être en voie de conclure un accord.
Depuis jeudi, toutefois, il y avait un parfum de scepticisme dans le camp canadien. Des premiers ministres provinciaux, à commencer par celui du Manitoba, Wab Kinew, ont laissé entendre que plier devant le président américain n’était peut-être pas la meilleure idée. Ramener les bouteilles d’alcool sur les tablettes, par exemple, ne semblait pas faire consensus dans les provinces.
Vendredi soir, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, est sorti d’un mutisme fort remarqué pour appuyer « pleinement le premier ministre pour une riposte ferme ».
« Dans notre lutte pour protéger la souveraineté et la sécurité économique du Canada, toutes les options doivent être envisagées. L’Ontario est prêt à jouer son rôle », a dit M. Ford.
Son homologue de la Colombie-Britannique, David Eby, a pour sa part déclaré que « les Britanno-Colombiens seront toujours solidaires du Canada » et que « notre politesse ne doit jamais être confondue avec de la faiblesse ».
Nous n’avons rien demandé, mais nous continuerons le combat aussi longtemps qu’il le faudra.
David Eby, premier ministre de la Colombie-Britannique
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a annoncé samedi qu’elle réunirait son Conseil des ministres en matinée pour annoncer un plan d’aide aux entreprises.
La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, s’est dite « profondément déçue » qu’aucune entente n’ait pu être conclue.
« L’Alberta continuera de plaider en faveur d’une relation solide et exempte de droits de douane entre le Canada et les États-Unis, et j’exhorterai le gouvernement fédéral à reprendre les négociations dès que possible », a-t-elle dit.
Positions de force
Selon l’ambassadeur Greer, l’offre aurait notamment aidé les deux pays à mieux coordonner la chaîne d’approvisionnement dans le secteur aérospatial, et aurait permis une plus grande coopération en matière de minéraux critiques et l’annonce de négociations formelles en vue de l’Accord Canada–États-Unis– Mexique (ACEUM).
Selon divers médias, il semblerait que les droits de douane sectoriels sur l’acier et l’aluminium canadiens (50 %) allaient être coupés de moitié, alors que ceux sur l’industrie automobile canadienne (25 %) seraient passés à 15 %. L’industrie forestière canadienne devait également avoir un répit.
Quelques heures avant l’échéance, le président Trump avait laissé entendre qu’un accord était toujours à portée de main, que « les négociations avec le Canada progressent » et que « nous devrions pouvoir conclure un accord avec le Canada ».
Or, quelques heures plus tard, des sources canadiennes confiaient que « tout [était] sur la table » et qu’une riposte canadienne à la nouvelle surtaxe était déjà envisagée avant même son entrée en vigueur. Le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, a fini par quitter la table de négociation en début de soirée.
En entrevue avec La Presse, l’ancienne conseillère sur les relations Canada–États-Unis de Justin Trudeau, Diamond Isinger, a qualifié les négociations de « bizarres ».
Mme Isinger était au bureau du premier ministre lorsque Justin Trudeau avait paraphé une entente avec Donald Trump pour mettre en œuvre l’Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique que l’on connaît aujourd’hui. Elle y était encore l’année dernière lorsque M. Trudeau avait annoncé une imposante riposte aux droits de douane initiaux de Donald Trump.
Selon elle, le Canada se devait de « sérieusement envisager des représailles, car le président et son équipe réagissent très fortement aux positions de force ».
Et cela semble être l’avis des Canadiens. Un récent sondage de la firme Léger révèle que 56 % des Canadiens souhaitent que le gouvernement fédéral adopte une position ferme et qu’il ne fasse aucune autre concession, alors que 31 % d’entre eux privilégient davantage de souplesse au besoin.
« Nous avons besoin de l’adhésion des Canadiens pour aller de l’avant sur de nombreuses priorités que leur gouvernement fédéral peut avoir, explique Mme Isinger. Sans ce soutien, il est très difficile de faire progresser un programme législatif. »
« Il serait naïf de dire que la politique et l’opinion publique n’ont pas d’importance », ajoute-t-elle.
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Le gros calisse a réussi à chier sur le Canada avec sa guerre commerciale, Carney a demandé à ses négociateurs de sortir des négociations pour un accord commercial de longue durée sans tarif douanier.
Seul la PM de l'Alberta est déçue que Carney n'ait pas eu d'entente. Les autres provinces se rallient à la décision de Carney, ce qui prouve que PéDonald voulait tout avoir sur son bord et de laisser que des miettes au Canada. Carney ne voulait pas de concession depuis le début de cette guerre commerciale enclenchée par le gros puant ! 
La riposte aux tarifs se fera aux dollars près selon Carney et son plan était déjà préparé pour amortir cette rupture négociatrice. Maintenant, voici ce qu'il a envoyé sur les réseaux sociaux ( Facebook ), une lettre officielle de la décision de rupture :
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Alors, soyons fier d'être canadien en boycottant tout produit des États-Unis et de toute manière, leurs produits seront plus chers à partir de maintenant.
PéDonald est un enfant de chienne, il veut vraiment avoir nos territoires, c'est visible ! 
Dédé
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- Négociation rompue, Carney tourne le dos aux USA ! -
Dédé,
22/08/2026, 11:55
- Négociation rompue, Carney tourne le dos aux USA ! - Blake, 22/08/2026, 12:23
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